La Métropole de Lyon s'associe avec le mouvement Solidarités Nouvelles pour le Logement pour créer une foncière inédite en France. Baptisée Coopérative Logement d'Abord, cette structure récupérera des logements vacants, les rénovera puis les mettra à disposition des ménages précaires du territoire.
Renaud Payre, vice-président délégué au logement, cible particulièrement "les petits propriétaires de passoires thermiques ne pouvant plus être loués en raison de la loi Climat et Résilience". Chaque bien fera l'objet d'un diagnostic complet suivi de travaux avant toute location, garantissant ainsi un cadre de vie correct et des charges adaptées aux revenus des futurs occupants. La collectivité injecte 1,3 million d'euros que des associations et entreprises privées compléteront à hauteur équivalente. L'ambition : réunir 14 millions d'euros d'ici 2028 pour financer acquisitions et rénovations.
Bruno Bernard regrette que la législation actuelle interdise la réquisition des logements vides. La Métropole va donc fournir entre 20 et 50 biens de son parc privé actuellement inoccupés sur les 275 recensés en 2020. Objectif de départ : 350 logements pour convaincre progressivement d'autres propriétaires de céder leurs biens dégradés à la foncière. Dans le Grand Lyon, la vacance longue durée (plus de deux ans) représente 1 à 2 % du parc total, avec un tiers vide depuis plus de cinq ans. À Lyon ville, les chiffres sont passés de 2900 logements vacants en 2020 à 5600 en 2024, soit quasiment le double. 60 % des logements privés vides datent d'avant 1919, posant directement la question de leur vétusté.
Les ménages relogés bénéficieront d'un suivi social et d'un accès aux associations locales via les dispositifs existants. D'autres partenaires ont déjà annoncé leur participation future au projet. Le conseil métropolitain votera officiellement la création de cette coopérative le 17 novembre.